Chronique d’une première fois lumineuse [2/5]

Lumen ISCPA FDL2014 Fête des Lumières Lyon 2014

Je l’ai tellement fuie que j’étais finalement impatient de la rencontrer. Alors pour ce premier soir de Fête des Lumières, j’étais sur place à 16.30, longtemps avant qu’elle n’arrive. C’est assez inexplicable, mais en même temps super romantique : attendre que la nuit tombe pour qu’elle daigne enfin se montrer. Bon, j’avoue, je n’ai pas eu le cran d’y aller seul, j’ai même calqué mes pas dans ceux de mon collègue photographe. Des foulées un peu rapides et beaucoup trop verticales à l’assaut des pentes de la Croix-Rousse, une initiation en altitude, comme un baptême de l’air.

Rapidement, j’ai compris que je m’étais trompé d’ennemi. En début de soirée, ce n’est pas le froid qu’il faut craindre, c’est le presque froid. « Le presque froid mais pas encore » pour être précis. Bref, le vieux, la personne âgée. Se retrouver derrière un groupe de retraités dans les escaliers étroits de la Croix-Rousse c’est nourrir l’envie de mourir jeune. Loin de moi l’idée de blâmer leur lenteur. Le temps passe tellement vite qu’ils ont raison de le prendre. Mais sachez bien que le vieux tangue. Et qu’il détruit de ce fait toute tentative de dépassement, par la droite ou par la gauche. Même si c’est involontairement provocant, c’est réellement chiant.

Le n°40, au sommet de la Montée de la Grande Côte.

Une certaine idée de l’Amour, de dos. © Philippe Jawor

Nous voilà donc au sommet de l’amphithéâtre des Trois Gaules, au milieu d’une meute de retraités qui expérimente la Fête des Lumières … de jour. La Fête des Lumières sans lumières. La Fête, en fait. Une jeune guide prend la parole et décrit l’œuvre en question (œuvre n°38 sur le programme, pour ceux qui veulent vivre l’expérience en P.O.V). D’énormes boudins blancs (non, pas ceux-là) qui, une fois éclairés, représenteront des champs de lavande. Rendez-vous est pris, on reviendra.

La nuit tombe, la température l’imite. Marine et ses copines nous servent un vin chaud et un sourire, on prend les deux et une photo. Au sommet de la Grande Côte, une immense ampoule renferme un cœur brillant (œuvre n°40 pour ceux qui sont capables de poursuivre après le vin chaud). Des centaines de lumignons et des lampes rouges ornent les derniers mètres de l’ascension. Et sincèrement, c’est beau. L’Amour n’est peut-être pas mort, mais il fait mal aux jambes.

La n°38, à l'amphitéâtre des Trois Gaules.

Un artiste qui carbure aux lignes. © Philippe Jawor

Malgré tout, pas le temps de s’éterniser. D’une, nous avons du travail et, de deux, vous ne lisez pas les articles de plus de 3000 signes. Alors on fait demi-tour, on refuse un second vin chaud – gentiment donc on obtient un second sourire – et enfin, on découvre nos lavandes. Et je fais mon mea culpa. Oui, certaines personnes âgées vivent la Fête des Lumières sans lumières mais elles ont raison. Elles s’offrent simplement une part de rêve. Car des boudins bleus n’ont jamais fait des lavandes. Et celui qui prétend l’inverse n’a certainement jamais vu la Provence. Moi j’ai vu les pentes illuminées et j’ai vraiment besoin du calme plat.

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